SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Le mouvement 2026 est marqué par l’application du nouveau référentiel emploi basé sur les emplois réels disponibles (ETP) plutôt que jusqu’alors sur les emplois autorisés par le Parlement à travers la Loi de finances (TAGERFiP).

Ce nouveau référentiel conduit de fait à supprimer les postes vacants. Avant, il existait des postes vacants, pourtant financés par le Parlement, puisque l’administration ne s’était pas donnée tous les moyens pour recruter des effectifs à hauteur de ces vacances.
Avec la nouvelle méthode d’allocation des emplois, plutôt que chercher à recruter à hauteur des postes vacants, l’administration a fait le choix de les supprimer, et de répartir ceux qui restent entre les directions.

 L’impact est différent selon les catégories A, B ou C.

Pour la catégorie C, si en 2025 le TAGERFiP était de 21 691, le référentiel Emploi 2026 n’est plus que de 19 512 soit une perte de 2 179 emplois.
Après prise en compte du temps partiel, le solde est passé d'un déficit de 2 130 en 2025 à un déficit de 878 après comptabilisation des nouveaux agents arrivés le 18 mai 2026.

Pour la catégorie B, si en 2025 le TAGERFiP était de 36 432, le référentiel Emploi 2026 n’est que de 34 627 soit une perte de 1 805 emplois.
Le solde après prise en compte du temps partiel est passé d'un déficit de 2 600 à un déficit de 894, sans tenir compte des stagiaires qui arriveront en octobre.

Pour Solidaires Finances Publiques, ce sont bien des suppressions d’emplois qui ne disent pas leur nom.

Pour la catégorie A, la situation diffère.

Si en 2025 le TAGERFiP était de 22 136, le référentiel Emploi 2026 est de 22 704 soit une différence de +568.
Le solde après prise en compte du temps partiel est passé d'un déficit de 501 à un déficit de 838, avant l’affectation des 853 inspecteurs externes et 304 inspecteurs internes qui devraient rentrer à l’ENFiP au 1er septembre 2026.

A priori, cette situation peut sembler plus favorable que pour les B et C et pourrait expliquer un mouvement de mutation des A permettant à 84 % de candidats et candidates à la mutation d’obtenir un de leurs 3 premiers vœux (dans lesquels la DG comptabilise les appels à candidatures). Mais la réalité est en fait bien moins reluisante.

Et effet, ce taux de 84 % est optimisé au maximum. Certains collègues pour se rapprocher de chez eux, ont opté pour un poste au choix qu’ils n’auraient pas classé dans leurs premiers vœux dans une liste à l’ancienneté. Si bien que le taux de satisfaction sur les 3 premiers vœux est très largement au-dessus de la réalité.

Par ailleurs, la DG aurait pu améliorer le taux de satisfaction si elle l’avait voulu. En effet, de nombreuses directions (41 sans compter les Directions Nationales Spécialisées et les directions ouvertes) affichent un solde réel en ETP négatif. Elle aurait donc très bien pu pousser son mouvement et donner davantage satisfaction à de nombreux titulaires, d’autant plus qu’avec un solde ETP après prise en compte des temps partiels de – 838 (contre -501 en 2025), et le recrutement d’environ 1 137 stagiaires, elle avait la marge de manœuvre pour le faire.

Il reste pourtant toujours des collègues en situation très difficile qui doivent encore patienter avant d’espérer une mutation.

Pour autant, pour les inspecteurs et inspectrices, la mise à jour du référentiel emploi a été globalement favorable aux 5 départements ultramarins et a permis d’y affecter 55 agents, dont 22 pour le seul département de la Réunion.
Il n’en demeure pas moins que 127 collègues pouvant faire valoir une priorité ou un critère sur l’un de ces départements restent en attente.

Pour Solidaires Finances Publiques, si cet apport a permis de solutionner des situations de collègues qui attendaient pour certains depuis plusieurs années, il demeure exceptionnel. Et il est à craindre que ces départements se referment très rapidement pour les années à venir...

Enfin, dans l’ancienne répartition des emplois entre les directions, la DG avait instauré un système de péréquation qui permettait aux directions avec peu d’effectifs d’être proportionnellement mieux loties que les grosses directions. La nouvelle méthode d’allocation des emplois met fin à ce système de péréquation. Il en résulte que 61 % des directions comportant moins de 50 inspecteurs et inspectrices affichent un solde en ETP positif après mouvement (et 60 % des directions en comportant entre 51 et 100). À l’inverse, toutes les directions avec plus de 250 inspecteurs et inspectrices affichent un solde en ETP négatif. Cela signifie que avec la nouvelle méthode d’allocation des emplois certaines directions risquent d’être fermées à la mutation dans les années à venir (par exemple la DDFiP de l’Indre comprend 39 A au référentiel ETP pour 46 A en réel : il est donc difficile d’imaginer 8 départs en 2027 qui permettraientt à quelqu’un d’arriver au prochain mouvement).

Pour Solidaires Finances Publiques, cette nouvelle méthode d’allocation des emplois, outre qu’elle est très opaque et qu’elle permet de supprimer près de 3 000 emplois cumulés de B et C, aura des conséquences importantes sur les mouvements à venir même si le mouvement 2026 peut paraître satisfaisant.

Un mouvement encore et toujours percuté par la dissociation des mouvements des titulaires et des stagiaires en sortie d’école.

L’affectation des stagiaires après le mouvement des titulaires, mais avec la même date d’effet que le mouvement général suivant rend illisible les affectations pour l’ensemble des populations.

D’abord, parce qu’il est impossible d’anticiper les vacances potentielles 1 an à l’avance. La preuve, c’est que les stagiaires pré-positionnés sur des DR/DDFiP peuvent postuler sur certains postes au choix au même moment que les titulaires !

Le pire est que la réforme de la formation qui impacte les mouvements généraux n’a pas amélioré la formation des agents, et pour les stagiaires qui arrivent à entrer dans leur département de choix du moment, c’est un cadeau empoisonné, car ils peuvent mettre de très nombreuses années à pouvoir en sortir, car trop jeunes ensuite en ancienneté administrative ! C’est particulièrement le cas pour les agents qui obtiennent un poste au choix dans une DNS ou en DIRCOFI sur leur département de priorité, et qui ne peuvent plus faire jouer ensuite leur priorité pour rejoindre la DR/DDFiP dans la mesure ou ils sont déjà dans le département.

Un mouvement marqué par des déficits toujours importants sur des postes au choix. La pertinence de ce mode de recrutement n’est toujours pas démontrée

Des vacances sont très importantes en DISI (10 % des ETP réels) et en services centraux. Elles peuvent s’expliquer par le manque d’attractivité de la DGFiP pour recruter des informaticiens, car ce sont surtout des postes avec qualification informatique qui restent non pourvus.

La DG peine à recruter des informaticiens faute de rémunérations attractives par rapport au privé.

Ceux qui passent les concours en subissent les conséquences, car la DG peut être obligée de répartir la pénurie, empêchant certaines personnes de muter, pour ne pas trop vider d’autres services.

Solidaires Finances Publiques a dénoncé la non prise en compte des priorités et critères dans le recrutement au choix. Par exemple, un collègue avec une RQTH, déjà affecté sur un poste informatique, n’a pas été retenu au choix sur un autre poste informatique par la DISI de son département de priorité. Alors que le manque d’informaticiens est criant, cette décision risque de contraindre ce collègue à intégrer la filière généraliste pour pouvoir mieux gérer sa situation de handicap. Quel gâchis !

Pour Solidaires Finances Publiques, il est impératif de rendre plus attractive la filière informatique, car il est tout aussi impératif de conserver la maîtrise de notre outil informatique en interne.

Par ailleurs, depuis 2022 pour les DIRCOFI, la DG a mis en place l’affectation au choix avec le but affiché « de mieux adapter le recrutement à l’emploi ». La conséquence est que le nombre de postes vacants en DIRCOFI s’est accru. Le déficit s'est creusé pour passer d'un solde réel au Tagerfip de -6 en 2021 à -33 en 2025 à -70 ETP en 2026, et ce, alors même que du fait de la réforme des PCE, les DIRCOFI ont gagné 82 ETP par rapport à 2025 : par manque de candidats (car le poste DIRCOFI prime les postes du mouvement général pour les candidats à la mutation qui du coup s’abstiennent de le demander) ou par sélection trop poussée des DIRCOFI ?

Solidaires Finances Publiques dénonce le choix de la DG de laisser des postes vacants plutôt que d’affecter des agents qu’il faut former. Et dénonce l’impossibilité de classer les postes au choix n’importe où dans sa liste de vœux. Par ailleurs, avec la casse des règles de gestion, les collègues ont bien compris que s’ils obtiennent un poste en DIRCOFI, ils peuvent mettre des années à pouvoir en sortir. Enfin, la DG devrait s’interroger sur les raisons qui ont conduit des personnels en poste dans les PCE à ne pas suivre leur poste transféré.

Quant à certaines grandes directions nationales, elles affichent des soldes réels ETP négatifs (-23 pour la DVNI, -9 pour la DNVSF, -10 pour le SEJF devenu ONAF), alors que pourtant la lutte contre la fraude fiscale est censée être un enjeu majeur…

Enfin, la palme revient au SDNC qui comprend 30 % de postes vacants, mais avec 12 ETP de plus en 2026 par rapport à 2025.

Par ailleurs, Solidaires Finances Publiques a dénoncé le manque de prise en compte des priorités et critères dans les recrutements au choix. Ou l’exemple du collègue informaticien cité plus haut, un autre exemple concerne une demande d’affectation en Guyane par un collègue originaire de ce département qui n’a pas été retenue. Pour Solidaires Finances Publiques, cette absence de prise en compte est d’autant plus inique que la DG a mis en place le recrutement au choix et un délai de séjour réduit pour la Guyane pour stabiliser les effectifs sur ce DOM. Qui mieux qu’un originaire est susceptible de rester plus longtemps sur la Guyane ?

Solidaires Finances Publiques a toujours dénoncé la procédure d’affectation au choix, injuste, opaque et inéquitable par nature. Entre les postes au choix et la réforme de la scolarité qui ne remplit pas ses objectifs initiaux, ce sont les services et les agents qui trinquent.

Mais la DG s’en moque, puisqu’elle applique depuis 2025 l’affectation au choix pour l’ensemble des affectations locales, et sans réaction des collègues, peut-être bientôt pour l’affectation nationale ?

Des délais de séjour inefficaces et inéquitables, véritable frein à la fluidité des mouvements

L’importance des déficits sur des postes au choix peut s’expliquer aussi par un délai de séjour rallongé à 3 ans sur ce type de poste, ou les candidats y réfléchissent à deux fois avant de postuler.

Avec les très nombreux départs en retraite actuellement, et l’arrivée de fortes promotions de stagiaires, ces délais de séjour influent beaucoup sur ce constat que l’accès possible à un département ne devient envisageable qu’un an sur deux. Sans compter le changement de méthode d’allocations des emplois qui va peut-être bloquer certains départements pour plusieurs années.

Solidaires Finances Publiques revendique la suppression de tout délai de séjour, car plus vite un agent arrive vers ses centres d’intérêts professionnels, familiaux et amicaux, plus vite il y aura de stabilité dans les effectifs. Un agent bien dans son travail et proche des siens n’a aucune raison de vouloir repartir dès son arrivée !

Un mouvement toujours marqué par la pleine application des lignes directrices de gestion pour les titulaires et les EP/LA… mais jusque là pas pour les stagiaires.

Comme à chaque changement de règles ou de système, il y a des collègues perdants, notamment les agents séparés ou divorcés qui demandent un rapprochement familial (notamment ceux pratiquant la garde alternée de leurs enfants), cette situation n’ouvrant plus droit qu’à un critère supplémentaire et non plus à une priorité.

Pour les titulaires en attente, dans la mesure où la DG va ouvrir aux stagiaires leur département de garde alternée, ils ne sont pas du tout certains de pouvoir rentrer au bout d’un an.

Et jusque là pour les inspecteurs stagiaires, seules les priorités sont prises en compte, et pas du tout les critères supplémentaires.

Ainsi, de nombreux titulaires et stagiaires se retrouvent loin de chez eux et doivent abandonner la garde alternée, et le plus souvent la garde tout court. C’est un choix cornélien qui pèse sur ces collègues.

Pour Solidaires Finances Publiques, la dissociation des mouvements génère trop d’inéquités entre titulaires et stagiaires, entre bénéficiaires d’une priorité ou d’un critère supplémentaire et celles et ceux qui en sont dépourvus, sans pour autant résoudre les difficultés des services.

C’est pourquoi pour Solidaires Finances Publiques, les urgences sont :

  • de revenir à l’intégration de toutes les premières affectations dans le mouvement général,

  • de mettre fin aux suppressions d’emplois et restructurations qui conduisent à la limitation des postes offerts en mutation choisie,

  • de supprimer les délais de séjour qui empêchent la fluidité des mouvements,

  • de supprimer le mode d’affectation au choix qui fait primer l’opacité sur les règles de droit commun connues de tous, et est un frein au comblement de certains postes vacants,

  • de rendre attractives les missions informatiques pour conserver en interne la maîtrise de l’outil informatique au lieu de recruter des contractuels ou d’externaliser la mission,

  • de créer des emplois statutaires partout où c’est nécessaire et de mieux répartir les charges/emplois,

  • de supprimer l’affectation au département qui conduit à accentuer les vacances sur des départements entiers au lieu de limiter à quelques résidences moins attractives,

  • d’affecter les A titulaires et stagiaires nationalement sur des résidences-missions-structures.

Pour Solidaires Finances Publiques, avec 10 départements fermés ou avec des prioritaires en attente (15, 37, 42, 43, 48, 58, 61, 63, 971, 972, 974), avec 8 départements avec des collègues bénéficiant d’un critère supplémentaire en attente, avec seulement 10 départements ouverts, et environ 1 100 stagiaires à affecter, aucun recrutement contractuel (hormis ceux liés au handicap) ne devrait intervenir en 2026-2027 !

Dans le cas contraire, la DG bloquerait sciemment les futures mutations des titulaires !